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Set list :
Forget about me /
Settle down /
Same mistakes /
Tyre tracks /
Higher than reason /
Dune sea /
Wose side are you on/
Landslide /
Who's to know /
Angel /
Building /
Stone /
Finest little space /
Solved /
1er rappel :
? (je ne connais pas le titre) /
Be ready /
2ème rappel :
Almost here. |
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France
Nous savons qu'ils sont excellents,
qu'ils jouent de belles mélodies,
que Andy a une superbe voix,
on ne veut pas les bousculer,
on veut qu'ils s'installent dans le concert
et qu'ils nous donnent le meilleur d'eux meme pour
qu'ils nous permettent d'entrer dans leur mélancolique vérité.
Nous serons quelques priviligiés qui pourront
dire : nous y étions
ce soir là.
L'incroyable vérité
Le jeudi 11 mai, que se passe-t-il à Paris
? L'incroyable vérité va se révéler aux parisiens.
Cela va se passer plus exactement au Café de la danse, petite salle
occupant un ancien entrepot, à la longue histoire puisqu'elle a
été théatre dans sa jeunesse d'où la présence
de gradins avec deux cents places assises, et située dans un "passage",
rue étroite et peu passagère, perpendiculaire à la
rue de Lappe dans le quartier animé de la Bastille, dans lequel
se trouvent encore égarés des brésiliens et des écossais
en kilt.
"20 heures" indique le billet, mais arrivée
de bonne heure, je constate que certains sont arrivés encore plus
tot. Nous sommes peu nombreux pour l'instant, la salle est petite, la majorité
des spectateurs arrivera plus tard. En attendant l'ouverture des portes,
on ne peut meme pas lire tranquilement un journal d'annonces de spectacles,
il y a des aller-et-venues. Jason d'abord, qui se dirige vers un petit
café anonyme au bout du passage. Quelques minutes plus tard, c'est
au tour de Andy. Il fait quelques pas, puis se retourne pour demander où
ils sont allés et il se dirige vers le meme café. Ensuite
viendra le tour de Nigel, qui fera quelques aller-retours. Nous sommes
une petite cinquantaine à savoir où ils sont mais personnes
n'ira les importuner.
Quand les portes s'ouvrent, il n'y a pas énormément
de monde. Des mauvaises langues "bien informées" suggèrent
que le concert ne serait pas complet, qu'il y a deux jours il restait encore
100 places à vendre. La salle va se remplir lentement mais surement.
A 20 heures, elle est pleine. Tous les gradins sont occupés, ainsi
que l'espace devant la scène, soient 400 personnes. La première
partie est assurée par un groupe français appelé "Prudence",
leur
premier album est sorti le 15 juin. Un chanteur, avec de faux airs de Brett
Anderson de Suede, qui joue de la guitare acoustique, et un rouquin frisé
aux claviers/boite à rythmes/xylophone. Ils chantent les tristes
sires, les objets en porcelaine, les plans au 1/25000éme et une
chansons que Michel Legrand avait écrit pour un film de Jacques
Demy. Ils discutent et présentent leurs chansons avec humour. Bref,
sympathiques. Une demi-heure, puis une autre demi-heure pour que les roadies
installent le matériel et finissent les derniers réglagent.
L'heure de la révélation arrive.
Sur un morceau de musique que je ne connais pas,
Unbelievable Truth entre enfin en scène. Ce qui frappe d'abord,
c'est homogénéité des statures des membres du groupe.
Jason, Andy et Jim ne sont pas très grands, trappus, portent les
cheveux courts et sont habillés avec le meme type de vetements.
Nigel aussi à la meme silhouette mais sa coupe de cheveux et sa
paire de chaussures disparates le distinguent immanquablement avant qu'il
ne disparaisse derrière sa batterie. Ils commencent avec Forget
about me. Après la deuxième chanson, Andy nous salue d'un
"Merci", "Bonsoir", puis "Same mistakes", ce sera la seule chanson qu'il
présentera ainsi ce soir.
Les applaudissements sont déjà fournis
dès les premières chansons mais il y a comme une retenue.
Est-ce que le groupe est bon sur scène ? Après tout c'est
la première que nous les voyons à Paris. Surtout, c'est évident
au début, le groupe est un peu tendu. Alors, parce que nous avons
écouté les disques et que nous savons qu'ils sont excellents,
qu'ils jouent de belles mélodies, que Andy a une superbe voix, on
ne veut pas les bousculer, on veut qu'ils s'installent dans le concert
et qu'ils nous donnent le meilleur d'eux meme pour qu'ils nous permettent
d'entrer dans leur mélancolique vérité. On pourrait
s'aventurer à comparer le déroulement du concert à
l'interprétation de "Higher than reason" ce soir-là. Un début
un peu tendu avec un premier couplet où le groupe, et surtout Andy,
cherchait ses marques. Puis imperceptiblement, les éléments
se sont mis en place, la musique, la voix d'Andy, peut-etre meme le public,
et "Higher than reason" a basculé dans ces merveilleux moments que
tout le monde espérait. Il en est de meme de tout le concert qui
nous a permis d'apprécier pleinement le talent d'Unbelievable Truth,
l'émotion de la scène en plus !
Le public manifestait son enthousiasme par de chaleureux
applaudissements. Malgré tout, il restait un doute. Est-ce que Andy,
et le groupe comprenait le message ? Et d'abord, est-ce qu'il nous entend
bien ? Est-ce que Andy a bien vu que nous étions là ? Etant
le chanteur du groupe, et membre le plus connu, il est évidemment
l'objet de tous les regards, ce qui n'est pas fait pour aider sa visible
timidité et sa discrétion. Mais Andy est incroyable ! Il
a réussi l'exploit de ne jamais regarder le public pendant tout
le concert; meme quand il regardait droit devant lui, d'un regard lointain
en fait entièrement tourné vers l'intérieur de soi
(le regard des montagnes lointaines, comme cela est appelé en tai
chi chuan). Entre les chansons, il regarde le sol devant ses pieds ou un
peu à gauche. Il regarde Jason, Jim et meme Nigel derrière
lui, en attendant de commencer la prochaine chanson. Il continuera meme
à détailler ses chaussures quand, encouragé par la
réaction du public, il n'hésitera pas après "Building"
à demander "Ca va ?" (en français), avant de décocher
un sourire (adorable) qui aura pour effet de faire redoubler d'intensité
les applaudissements. Ca y est, le contact est établi ! Le public
était ravi, Andy l'avait remarqué et le groupe semblait content
de jouer ici ce soir. Cela sera confirmé après le concert
par un roadie qui demandait aux personnes s'attardant un peu devant la
scène si elles étaient contentes. Comme la réponse
était positive, il confirmera que le concert de ce soir avait plu
au groupe, surtout l'attitude du public, calme et attentif pendant les
chansons.
En attendant, tout le monde est discret sur scène,
ce qui ne veut pas dire qu'ils pas présents à ce qu'ils font.
Jim à le désavantage de ne pas etre connu et de devoir se
concentrer pour assurer une bonne partie de la partition. Tache dont il
s'acquite fort bien. De l'autre coté de la scène, Jason vit
intensement chaque note qu'il joue. Le regard au sol ou au contraire dans
les limbes, il part...A tel point, qu'à la fin de "Be ready", pris
par la musique il restera sur scène alors que les autres l'avait
déjà quittée. Un peu étourdi par son retour
sur terre et étonné de se retrouver ainsi seul, il se dépèchera
de sortir en courant. Nigel, qui pourtant n'hésite pas à
se faire remarquer par ses détails vestimentaires, est tout aussi
discret ou timide. Derrière sa batterie ou aux claviers, il épaule
et soutient Andy, visiblement heureux de jouer et passionné par
ce qu'il fait.
Pour un groupe "débutant", dont c'est le premier
album et la première tournée, la qualité de l'interprètation
est excellente. Et meme si Unbelievable Truth ne sont pas des betes de
scène, il y a une volonté de faire de son mieux et d'apporter
au public un spectacle de qualité : des bonnes chansons, un bon
son, un jeu de lumière adapté à une petite scène
mais qui a le mérite d'exister. Pas de surprise dans la liste des
titres joués, le choix est "limité". Ainsi les chansons en
sont d'autant plus connues par coeur, sauf les quatres titres qui n'ont
pas encore été enregistrés et qui laissent le public
curieux, avec cet étonnant "Landslide" très électrique.
A partir de "Who's to know" le concert aura définitivement atteint
les sommets espérés. Un sublime "Angel", tout en mélancolie,
un "Building" très populaire, enfin pour conclure en apothéose
: "Solved".
Avant les rappels bien sur, où une surprise
nous attendait. En revenant pour le premier rappel, Nigel et Jim ont commencé
à distribuer quelque chose aux premiers rangs devant la scène.
Comme Nigel est batteur, je pensais que c'étaient des baguettes
(de batteur). Après avoir récupéré une de ces
choses de Jim, je me suis aperçue, avec mes voisins, que c'étaient
des sucres d'orge !! C'était trop amusant et sympathique. Andy est
revenu sans guitare, déjà qu'il ne sait pas où poser
son regard, alors que faire maintenant de ses mains. Mais cela lui permet
de se concentrer encore plus sur son chant et l'émotion est là.
Be ready to go, mais nous ne sommes pas prets. Pour le deuxième
rappel, seuls Andy et Nigel, aux claviers, reviennent sur scène.
Un dernier message d'Andy : "This is our first proper gig in Paris. Thank
you very much for coming tonight." Andy saisit ou s'accroche au micro et
met tout son coeur dans cette dernière chanson, avec une grande
intensité dans son regard fixé droit devant lui, dans une
attitude où l'envie de donner le meilleur de soi transparait, comme,
pardonnez moi la comparaison, le fait Thom (Yorke). "Presque ici", ce n'est
pas vrai; nous serons quelques priviligiés qui pourront dire : nous
y étions ce soir là.
....
Untruth © IndyRock
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