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Rockmixer June 98
Almost here Andy Yorke possède
l'immense avantage de savoir écrire de très
bonnes chansons. Cette qualité lui permet de gommer
son principal défaut : etre le frère de
Thom yorke, schizophrène chanteur de Radiohead.
Les frères font raremen t de grands artistes. [...]
Andy Yorke et Unbelievable Truth sont de belles exceptions.
Le groupe joue une pop calme, très calme. "Almost
here" est un océan de calme. N'escomptez aucune
cassure, ni syncope. Les titres sont plutot longs dans
leur ensemble. Chez Unbelievable Truth, on prend le temps d'installer
les climats. La voix d'Andy est proche de celle de son
frère, la douleur en moins. Andy Yorke, pour songwriter
apaisé qu'il est, marque ses textes d'intonations
fermes et décidées. C'est tout l'intéret
de cet album qui n'aurait pas survécu à
un chant monocorde. "Almost here" tient la route.
Tout l'album est jalonné de guitare et basse
chastes, violon, piano et (superbes) choeurs féminins.
L'attirail savamment disposé fait sonner
l'ensemble plutot américain (Stan Ridgway). Les
arrangements sont malins et sans faute de gout.
"Almost here" est lyrique et sobre. Un vrai défit.
Unbelievable Truth n'a pas raté son entrée
(par olivier rodriguez Rockmixer #2) .
Unbelievable Truth
Si ce n'est toi
c'est, donc ton frère...
Autant le dire tout de suite, la musique d'Unbelievable
Truth n'a rien à voir avec celle de Radiohead. Seul lien de parenté,
dans le premier officie un certain Andy Yorke, qui n'est autre que le petit
frère de Thom Yorke du second. Mais la comparaison s'arrete là,
car les deux univers sont bien trop différents pour y voir une quelconque
consanguinité.
Le premier album d'Unbelievable Truth, "Almost here",
est une collection de mélodies simples et touchantes, avec peu d'arrangements
car la beauté des chansons se suffit à elles-memes. Les premiers
articles sont dithyrambiques, et la récente tournée anglaise
affichait complet. Le groupe se compose d'Andy Yorke (chanteur, guitariste),
Nigel Powell (batteur, claviériste, guitariste) et Jason Moulster
(bassiste). Sur scène, un second guitariste vient se joindre au
trio de base pour étoffer le son, il se prénomme Jim. rencontre
au bar d'un hotel de Saint-Germain-des-Prés.
Rockmixer: Pourriez-vous me résumer l'histoire
du groupe ?
Jason : Andy et Nigel
se connaissent depuis leur plus jeune age puisqu'ils allaient en classe
ensemble. Pour ma part, j'ai rejoint l'équipe un peu plus tard.
Nous sommes tous originaires de la région d'Oxford.
R: Andy, j'ai lu quelque part que tu avais quitté
le groupe car du voulais etre traducteur...
Andy : Effectivement,
le groupe s'est formé au début des années quatre-vingt-dix,
et nous commencions à avoir quelques contacts avec des maisons de
disques. Mais je n'avais ni l'envie ni le courage d'etre dans un groupe.
Ca me semblait n'etre qu'une suite de compromissions avec un univers qui
m'était complètement étranger, et j'ai déserté.
Je suis parti pour Moscou, où j'avais la possibilité de devenir
traducteur, le russe étant une langue que je pratique depuis ma
plus tendre enfance. Je n'ai pas vraiment abandonné le groupe parce
que je vouais etre absolument etre traducteur, mais plutot parce que je
me sentais pas capable d'assurer ce statut de musicien professionnel qui
m'était proposé.
R: Qu'avez-vous fait quand Andy est parti ?
Jason : Nigel et moi
avons déménagé pour Londres car nous n'avions aucune
envie d'attendre le retour d'Andy. Nous voulions continuer à jouer,
nous ne savions meme pas si nous le reverrions un jour.
R: Mais vous l'espériez ?
Jason : Pas vraiment.
R: Comment cela est-il reparti ?
Andy : Lorsque j'ai
quitté le groupe, les deux autres m'en voulaient énormément
car ils se retrouvaient dans une sorte d'impasse. Ils devaient tout recommencer
depuis le début. En Russie, j'avais emporté ma guitare et
j'ai commencé à écrire des quelques chansons, plus
comme un passe-temps qu'autre chose. Puis, en septembre 1996, je suis revenu
en Angleterre, j'avais dans l'idée d'entammer un troisième
cycle d'études. J'ai emménagé chez Nigel car je cherchais
un endroit à Londres. Chez lui, je suis tombé sur une ancienne
cassette que nous avions enregistrée plusieurs années auparavant
et je l'ai réécoutée. C'est alors que je me suis rendu
compte du potentiel du groupe. J'ai donc décidé d'abandonner
mes études pour me consacrer pleinement à Unbelievable Truth,
que je venais de reconstituer. Et j'ai eu cette chance formidable que les
deux autres soient disponibles et favorables à ce projet.
R: Comment se répartissent les travaux dans
le groupes ?
Andy : J'écris
toutes les paroles. En revanche, nous composons les musiques en trio.
R: J'ai lu que vous ne vous considériez pas
vraiment comme un groupe. Qu'entendez-vour par là ?
Andy : Quand nous avons
commencez à jouer ensemble, nous ne nous produisions jamais en public,
nous nous considérions plutot comme une équipe d'auteurs-compositeurs.
Ce n'est qu'après mon retour que nous nous sommes intéressés
au coté scénique. D'ailleurs dans cette optique, nous avons
intégré un quatrième musicien, Jim, qui joue de la
guitare acoustique, mais uniquement sur scène.
R: Pourquoi avez-vous appelé votre premier
CD "Almost here" ?
Andy : C'est notre chanson
préférée à Nigel et à moi. En studio,
c'était très intense, je chantais dans une pièce,
Nigel jouait du clavier dans une autre et nous enregistrions en direct.
Or, tous les deux étions en larme à la fin du morceau, l'émotion
qui s'en dégageait nous est devenue bien trop intense pour que cela
ne reste finalement qu'une chanson.
R: Comment envisagez-vous vos chanson d'amour ?
Andy : C'est amusant,
car adoslescent, Michael Stipe (R.E.M.) était l'un de mes héros
et je me souviens qu'il s'est toujours déclaré très
critique à l'égard des gens qui écrivent des chansons
d'amour. Or, pour moi, c'est un sujet quasi inépuisable, j'espère
seulement que je parviens à offrir à la personne qui m'écoute
plusieurs niveaux de lecture, que rien ne se retrouve figé dans
l'instant.
R: Pourquoi une chanson comme "Forget about me" est-elle
aussi
triste ?
Andy : "Forget about
me" est la seule chanson qui soit née en répétition.
La mélodie est arrivée de nulle part et j'ai écrit
les paroles ensuite. Or, comme l'atmosphère était déjà
très marquée, je ne pouvais que suivre cette tendance naturelle.
J'ai tout d'abord écrit un premier texte en pensant à une
histoire d'amour et, par la suite, je me suis aperçu que ça
pouvait tout à fait correspondre à l'idée d'un homme
abandonné par la société.
R: En France, les gens vous considèrent comme
le groupe du petit frère de THom Yorke, qu'en pensez-vous ?
Andy : Nous savions
que, de toute façon, nous ne pouvions absolument pas échapper
à ce genre de comparaison, c'était comme inévitable.
Mais nous ne nous en sommes jamais servis comme arguments pour signer une
maison de disques. Nous faisons tout pour éviter cette comparaison,
mais le lien qui m'unit avec mon frère est difficile à cacher.
D'un autre coté, si les journaliste tiennent absolument à
écrire des articles à ce propos, c'est bien sur une situation
qui nous échapper complètement et on ne peut absolument rien
faire. Nous en sommes conscient depuis le début. Nous espèrons
simplement que les journalistes vont vite épuiser ce sujet et qu'ils
vont rapidement passer à autre chose.
R: Souffres-tu de cette situation ?
Andy : Oui, un peu,
évidemment. Notre tournée du début d'année
s'est pratiquement déroulée à guichets fermés
et je suis persuadé que les spectateurs ne venaient que pour voir
le groupe du frère de Thom Yorke, car notre premier disque ne sortait
que quelque mois plus tard. sans ce lien de parenté, nous n'aurions
certainement pas rempli autant de salles. Jason : C'est une situation que
tu ne peut pas controler, mais tu peux simplement espérer que les
gens qui viennent te voir par curiosité repartiront avec un semtiment
différent.
R: Mais comment vis-tu la "starisation" de ton frère
?
Andy : A aucun moment
je ne me sens en compétition avec lui, ce qu'il fait est tout bonnement
incroyable, et jamais je ne me permettrai de comparer mon travail au sien.
Je me sens à l'aise avec ce problème car la musique d'Unbelievable
Truth est très différente de celle de Radiohead. Il n'y a
donc aucun risque qu'on nous confonde.
R: As-tu un autre frère ?
Andy : Non !
(par christian eudeline _ Rockmixer #1
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Untruth © indyrock
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