Fotos Laurence Boisnard - IndyRock








setlist: 01 there there 02 2+2=5 03 national anthem
04 morning bell 05 lucky 06 backdrifts 07 sail to the moon 08 sit down.
stand up 09 scatterbrain 10 kid a 11 no surprises 12 myxomatosis 13 we
suck young blood 14 paranoid android 15 my iron lung 16 idioteque 17 everything
in it's right place
encore #1 18 the gloaming 19 i might be wrong 20 just 21 the tourist
encore #2 22 talk show host 23 fake plastic trees
Olympia theatre, Dublin, samedi 17 mai 2003
Laurence Boisnard (IndyRock)
Radiohead ont la bonne idée de faire ouvrir les portes de la
salle à dix neuf heures au lieu de dix neuf heures trente avant
la énième averse de la journée. Après les quelques
minutes d'excitation et de panique pendant le passage des contrôles,
l'entrée dans la salle réserve des surprises. L'Olympia est
un théâtre traditionnel avec velours rouge, balcons et loges
aux décorations rococo, mais surtout un parterre ridiculement petit,
complété par deux balcons proches de la scène. Une
autre surprise comble les fans : une première fosse séparée
devant la scène n'accueillant qu'un nombre limité de spectateurs.
Bref le paradis près des dieux pour ceux qui ont réussi à
y entrer, c'est-à-dire les premiers arrivés. Une fois rapidement
dans la place tout le monde se détend en discutant. C'est à
ce moment que l'on se rend compte du privilège (encore fallait-il
aller le chercher) d'être là, d'assister à quelques
mètres de la scène à un concert du groupe le plus
inventif, honnête, cité en référence, et aussi
impressionnant sur scène de notre époque. Et ce ne sont pas
des tirades de journaux à sensations mais l'expérience de
concerts passés auxquels on a assistés qui vous rend lyrique
quand il s'agit d'associer "Radiohead" à "concert".
Les "instruments" de Four Tet, la première partie, sont en place
: deux ordinateurs portables posés sur une caisse. Le système
d'éclairage de Radiohead est le même que sur la tournée
de l'été 2002 : une grande toile en fond de scène,
six colonnes juste devant supportant des bandes lumineuses clignotantes,
tout le reste, surtout des rotoprojecteurs, au plafond, et beaucoup de
fumigènes. Pendant Four Tet, les V.I.P. se sont installés
dans les loges. Ainsi placés en hauteurs, ils sont comme des césars
romains surplombant le petit peuple.
Radiohead entrent finalement en scène sous les applaudissements
bruyants d'une salle conquise d'avance. Ils ont l'air décontracté
et un petit sourire de satisfaction illumine le visage de Thom. Ils commencent
par "There, there", déjà connu au point que les paroles sont
reprises en chour par le public. Les fuites pirates de l'album ne sont
pas la meilleur chose qui puisse arriver à un groupe comme Radiohead,
mais au moins elles permettent d'avoir un public chantant les textes dès
le premier concert de la tournée. Les chansons de "Hail to the thief"
ont évolué depuis la tournée de l'été
dernier. Elles sonnent maintenant finies, par rapport à leurs états
plus "brute de décoffrage" des premières écoutes en
concert. Le travail en studio pour l'album est passé par là
et l'on sent que leurs structures sont maintenant bien en place.
Ce qui contribue aussi à cette impression est que ces chansons
sont jouées par des musiciens accomplis, confiants, surs d'eux,
et comme l'ont dit plusieurs membres du groupe récemment dans la
presse : heureux de jouer ensemble. Thom particulièrement semble
prendre un grand plaisir à jouer sur scène. Il est décontracté,
souriant, prêt à dialoguer avec le public, et même à
s'en moquer. Ed aussi était décontracté. Colin après
l'enthousiasme du début, marqué par des sautillements dans
son coin de scène et même sur le devant de celle-ci, restera
ensuite plus calmement, mais non moins intensément, auprès
de son batteur préféré, tout en allant de temps en
temps auprès de Ed partager son enthousiasme. Phil sera impérial
comme toujours derrière sa batterie. Jonny un peu plus en retrait,
peut-être un peu de nervosité du premier soir, mais de toutes
façons, jouer de la musique semble quelque chose de toujours extrêmement
sérieux pour lui.
Cantonnées en début de concert lors de la tournée
de l'été dernier, les chansons de "Hail To The Thief" sont
maintenant réparties tout au long de celui-ci pour participer à
une composition de set liste, typique de Radiohead, balançant entre
calme et énergie, sons électroniques et murs de guitares,
mais toujours remplie d'émotions.
"There, There" est la chanson d'ouverture, tout comme "Everything In
Its Right Place" est la chanson de clôture de la première
partie du concert. Ce qui ne veut pas dire que les concerts de Radioheadrisque
de tomber dans la routine. On retrouve avec plaisir sur "Where I End And
You Begin", la partie de batterie de grande classe de Phil. Petit incident
avant de commencer "Lucky" : la guitare accoustique de Thom ne fonctionne
pas. "It ain't working ! It ain't working" répète-t'il pendant
que son technicien s'affaire avec zèle. "Go To Sleep", peu jouée
l'été dernier, est une "chanson à guitares" qui réserve
à sa fin un solo délirant de la part de Jonny. "Backdrifts"
est la nouvelle nouvelle chanson. Thom et Phil s'occupent de boîtes
à rythmes. Complexe comme toute chanson de Radiohead, elle demande
une deuxième écoute. "Just" toujours appréciée
du public est reprise en choeur. Heureusement car Thom se trompe dans les
paroles en son milieu et se ratrape grâce au chant du public. L'audience
se déchaîne aussi sur "You And Whose Army ?", encouragée
par les grimaces de Thom. Après "National Anthem", Thom égraine
les notes de "Hunting Bears", avant la quasi transe de "Idioteque". Sur
la partie finale de "Everything In Its Right Place", Thom profite justement
de sa récompense qu"est l'enthousiasme des fans en s'asseyant sur
un retour au bord de la scène, près du public, yeux mi-clos,
se laissant bercer par la musique et les frappements de mains des spectateurs.
Le concert se terminera bien sur par "How To Disappear Completely" dont
la phrase "I float down the Liffey" résonnera pour le public de
Dublin comme un hommage. Et l'on disparaîtra dans la nuit de Dublin,
heureux de ces retrouvailles en un lieu si intime avec un groupe au plus
haut de son enthousiasme, et du notre.
There, there / 2+2=5 / Where I end and you begin / Airbag / Lucky
/ Go to sleep / I might be wrong / Backdrifts / Sail to the moon / Myxomatosis
/ Just / Sit down, stand up / You and whose army / National anthem / Hunting
bears / Idioteque / Everything in its right place / 1er rappel : The Gloaming
/ A punch-up at a wedding / Pyramid song / Paranoid android / 2éme
rappel : Karma police / How to disappear completely.
Olympia theatre, Dublin, dimanche 18 mai 2003
Le deuxième concert à L'Olympia de Dublin a encore été
l'un des meilleurs de Radiohead. Encore un ! Il y a eu une vraie communion
avec le public. Comme cela avait pu être remarqué lors de
l'année dernière, le deuxième concert consécutif
dans une ville est meilleur que le précédent. Peut-être
une question de "réglages", quels qu'ils soient : techniques, du
public, du groupe. Bref, ce ne fut que du bon temps.
Le concert commence bien sur par "There, There", puis "2+2=5", les deux
chansons d'ouverture, l'une des concerts, l'autre de l'album. Les nouvelles
chansons sont plus écoutées avec respect et attention car
le public ne les connait pas vraiment encore, sauf "There, There". Mais
les anciennes chansons sont toutes chantées avec ferveur, parfois
si fort que cela génait Thom pour chanter correctement la chanson.
Les marques étaient mieux prises que la veille à l'image
de "National Anthem", puissament portée par la basse de Colin. On
voit aussi l'apparition de "Scatterbrain". Suivie de "Kid A" dans une étonnante
version live remaniée par rapport à l'album avec un Thom
mutin et dansant comme un gamin. Arrive ensuite le mur de guitares de "Go
To Sleep" qui, du moins en concert, ne semble avoir été écrite
que pour amener le solo final. C'est le moment d'éclate totale de
Jonny, les autres se regroupant sur le côté gauche de la scène
pour autant lui laisser de l'espace que s'amuser à l'observer, qui
réussie à faire sonner sa guitare comme un jeu d'arcade de
Space Invaders. Pour "Backdrifts", une boîte à rythme est
installée près du micro de Thom, et Phil se léve de
derrière sa batterie pour s'installer debout derrière la
sienne. Elégant dans son costume, il se laisse prendre par le rythme
et discètement esquisse quelques mouvement de danse. Mais si Phil
est adorable à regarder, il n'en faut pas moins écouter partout
car la complexité, surprenante à la première écoute,
de "Backdrifts" se révèle à vous. "Sail To The Moon"
remplace avantageusement "Pyramid Song". Au cours des montagnes russes,
oscillant entre émotion et énergie, que sont les concerts
de Radiohead, il y aura "Talk Show Host", suivie de "Where I End And You
Begin" dont on peut en raprocher la structure.
Viendra ensuite LA, ou l'une des meilleures, version de "Paranoid Android"
(au moins la meilleure version que je n'ai jamais entendue). Un plaisir
proche du délire de la part du public, qui a déteint sur
sur le groupe qui au fur et à mesure de la chanson en donnait encore
plus... A la fin tout le monde était heureux. "Idioteque" et "Everything
In Its Right Place" qui suivaient ont toutes les deux été
complètement délirantes d'enthousiasme. Une épreuve
physique pour tous, mais encore plus pour Thom. Il est vraiment heureux
sur scène maintenant. Il était tout sourire, même si
il a moins parler que le soir précédent. Ed et Colin appréciaient
eux aussi grandement l'accueil du public. Tout sourire et encourageant
le public sur le "rain down" de Paranoid Android ou encourageant les clappements
de main en rythme. D'ailleurs Thom a remercier le public pour sa bonne
tenue de rythme pendant la chanson "We Suck Young Blood". "Myxomatosis"
a un été un autre grand moment. Thom s'époumonant
à chanter "I got myxomatosis.. I got myxomatosis... you should put
me in a home or you should put me down...", les manches trop longues de
sa chemises donnant l'impression qu'il était déjà
prisonnier d'une camisole de force.
Après la deuxième sortie de scène, le public de
Dublin criait : "We want more ! We want more !". Et ils en ont eu plus,
Radiohead revenant sur scène pour le deuxième rappel sous
les hurlements de la foule imités par un Thom moqueur. "Fake Plastic
tree", chantée parfaitement par le public redonnera le calme aux
esprits, alors que comme la veille "How To Disappear Completely" rendra
hommage au public de Dublin. L'entrainante musique de reggae qui accompagne
l'allumage des lumières de la salle évite une trop grande
tristesse de se voir finir ainsi un tel concert, mais il n'en faudra pas
moins quelque temps pour pouvoir s'en remettre. Bref, c'était encore
une fois le paradis, et les neuf heures d'attente devant l'Olympia sous
les averses de Dublin sont oubliées.
There, there / 2+2=5 / National anthem / Morning bell / Scatterbrain
/ Kid A / Go to sleep / Climbing up the walls / Backdrifts / Sail to the
moon / Sit down, stand up / No surprises / Talk show host / Where I end
and you begin / Paranoid android / Idioteque / Everything in its right
place / 1er rappel : I might be wrong / We suck young blood / Myxomatosis
/ Street spirit / 2éme rappel : Fake plastic tree / How to disappear
completely.
Waterfront Hall, Belfast, lundi 19 mai 2003
Le concert de Belfast... Il a été différent de
ceux de Dublin. Pour deux raisons. D'abord, un public très différent,
principalement compose de jeunes adolescents, et qui n'était pas
a l'unisson comme a Dublin pour reprendre les chansons, et en fait plutôt
turbulent et moins participatif. La deuxième raison sont des problèmes
techniques sur la guitare de Thom pendant Airbag. Ce qui a eu pour effet
de casser sa bonne humeur. les conditions d'attente avaient pourtant été
idéales par rapport à Dublin : à l'intérieur
du hall d'entrée du Waterfront Center, à l'abri de la pluie
et avec toutes les commodités à disposition. Les conditions
dans la salle étaient encore plus idéales : scène
à un métre de hauteur et barrières à un mètre
de la scène !
C'etait bien sur les anciennes chansons, de «Just» à
«Idioteque», en passant par une rare version live de
"Subterranean Homesick Alien", qui ont été accueillies avec
le plus d'enthousiasme par le public. Y compris la version étonnante
mais pas moins formidable de "Kid A", avec Thom toujours aussi mutin, qui
a d'abord surpris mais qui a été fortement applaudi. Elle
a été suivie de "Airbag" sur laquelle Thom a eu des problèmes
avec sa guitare accoustique. Malgré son zèle, son technicien
n'arrivait pas à réparer. Jonny a finalement interrompu la
chanson voyant qu'il manquait un élément. Thom n'était
pas très sur si ils devaient la recommencer, mais le public a indiqué
que oui. Ce que RAdiohead a fait pour une version qu'un spectateur qualifiera
de "brilliant". Le public était visiblement moins au fait des dernières
chansons, car l'album n'était pas encore sorti, et va devoir s'habituer
à ce nouveau style avant de répondre complètement
quand celles-ci sont jouées. Certaines nouvelles chansons sont plus
difficiles à apprécier à la première écoute
pendant un concert, comme "Backdrift" ou "The Gloaming", mais d'autres
sont immédiatement adoptées par le publique comme "There,
There", "Sit down, Stand up", ou "Wolf At The Door" jpuée pour la
première fois sur cette tournée. Cela n'a pas empêcher
Radiohead d'etre au mieux de sa forme et de délivrer des interprétations
remarquables des nouvelles chansons. Notamment Thom sur "Scatterbrain",
Jonny pour le final de «Go To Sleep», la partie de batterie
de Phil et Colin sur "Where I End And You Begin".
Tout les membres sont au meilleur de leur forme et c'est un plaisir
de se concentrer sur la musique pour écouter attentivement les parties
d'instruments respectives de tous les membres. Les qualités intraseques
du groupe finissent toujours par être ressenties par tous les publics
et hier soir n'a pas fait exception à la règle. Le concert
s'est terminé en triomphe pour Radiohead acclamé par un public
qui s'est rendu compte trop tard qu'il assistait à un concert exceptionnel
et qui en demandait encore alors que la fin approchait... Mais le souvenir
de ce concert restera certainement dans les mémoires des jeunes
de Belfast.
There, there / 2+2=5 / I might be wrong / Exit music / Scatterbrain
/ Kid A / Airbag (x2) / Subterranean homesick alien / Backdrifts / Sail
to the moon / Dollars & cents / Go to sleep / Myxomatosis / Where I
end and you begin / Paranoid android / Idioteque / Everything in its right
place / 1er rappel : The Gloaming / A punch-up at a wedding / Just / Fake
plastic tree / 2éme rappel : Sit down, stand up / Lucky.
Corn Exchange, Edimburgh, mercredi 21 mai 2003
Le Corn Exchange est vraiment une étrange salle pour un concert
de Radiohead. Complètement excentré, à deux kilomètres
du centre de la ville, l'intérieur de la salle ressemble plus à
une salle de banquet dans le fond de laquelle on aurait ajouter une scène
. Ce donnait l'impression de voir Radiohead animé un bal du samedi
soir.
Cela a loin de là tempéré l'enthousiaste des écossais
et les premiers rangs étaient bousculés comme sil il s'agissait
d'une salle de dix milles personnes ou d'un festival, plutôt que
d'une salle de trois milles places (debout). Chaleureux enthousiasme du
public d'Edimburgh, malgré la concurence le même soir d'une
finale européenne de football à laquelle participaient les
Celtics de Glasgow, qui sera apprécié du groupe, Phil et
Colin déclarant ultérieurement que c'était leur concert
préféré de la tournée, Manchester y compris.
There, there / 2+2=5 / National anthem / Lucky / Backdrifts / Sail to
the moon / Where I end and you begin / We suck young blood / Go to sleep
/ No surprises / Sit down, stand up / Paranoid android / Myxomatosis /
My iron lung / Idioteque / Everything in its right place / 1er rappel :
The Gloaming / A wolf at the door / Just / Spining plates / 2éme
rappel : Talk show host / Karma police.