.
|
|
. |

Archivo histórico * Hemeroteca * Archive * datos
Amnesty International Concert
By Laurence Boisnard. PARIS - Especial IndyRock-Radiohead
- 10/12/1998
 
Conference
de Presse
Interview Ed y Phill
Radiohead en Paris 10-12-98
Le programme qui circulait les jours précédents
indiquait un début de concert à 17 heures avec Peter Gabriel.
Mais pour l'instant les portes ne sont pas encore ouvertes. D'où
une petite impatiente après une attente d'une heure et demi dans
cette après-midi grise de l'hiver parisien. 17h05, les portes s'ouvrent
enfin, maintenant 17000 personnes doivent entrer et s'installer. Une fois
à l'intérieur, petite panique car on entend Bruce Springsteen
chanter. Il est seul sur scène avec sa guitare acoustique. En fait
rien de grave, c'est la fin du sound-check.
On peut s'installer tranquilement. Une place assise
au premier rang des gradins sur la gauche de la scène, ni trop sur
le côté ni trop loin. Bercy est une grande arène sportive.
La scène occupe le fond de la salle, les trois quarts des gradins
restant libres. Il y a bien sur la fosse, elle est immense et heureusement
le fond en est occupé par des siéges sur une estrade. La
scène vide pour le moment baigne dans une lumière bleue.
La guitare qui est le symbole de ce concert est suspendue
au dessus. Le décor est aussi composé d'écrans suspendus
au fond sur lesquelles des photos et des textes seront projetés
et de deux autres sur les côtés pour la retransmission.
Des caméras sont aussi présentes sur
une estrade face à la scène, plus deux loumas (qui s'averront
parfois génantes) et des caméramen, caméra à
l'épaule completeront le dispositif. Maintenant, il n'y a plus qu'à
attendre. Mezzanine de Massive Attack est diffusé dans les haut-parleurs.
L'attente avant cette longue soirée n'est pas si désagréable.
. *A 18 heures précises, les lumières s'éteignent.
Quelques vidéos pour présenter Amnesty International sont
diffusées sur les écrans. Vient ensuite un message en français
de Pierre Sané, président d'AI. C'est au tour d'Anita Roddick,
présidente de Body Shop, qui vient elle-même lire sont message
sur scène. Elle finit en introduisant Peter Gabriel. En fait, il
arrive sur scène accompagné de Tracy Chapman, Youssou N'Dour
et Bruce Springsteen. Ils chantent Get Up Stand Up de Bob Marley. Une seule
chanson, et Peter Gabriel et Bruce Springsteen restent seuls sur scène.
Peter Gabriel, qui a pris un peu d'embonpoint et a le crane rasé,
introduit en français, tout au long de la soirée il mettra
d'ailleurs un point d'honneur à n'utiliser que cette langue, Bruce
Springsteen. Celui-ci, seul sur scène avec sa guitare acoustique
et un harmonica, interprètera cinq chansons.
Pendant la deuxième chanson, Springsteen a
des ennuis avec sa guitare et il est obligé de s'arrêter.
Peter Gabriel en maître de cérémonie vient demander,
en français mais je ne le répèterai plus, au public
de patienter un peu. Springsteen habitué à la scène
reste décontracté. Après ces quelques minutes de pause,
il reprend plus furieusement encore. Il termine son set, dit "merci" et
quitte la scène. .
*Temps de pause avec Anita Roddick et une personne
d'Amnesty qui viennent annoncer une surprise : la venue de Sa Sainteté
le Dalaï Lama pour quelques mots. Une ovation du public l'accueille.
Les gens assis se lévent, tout bery est debout. Il entre humblement
sur scène en saluant les mains jointes comme il le fait toujours
lors des réunions publiques. Puis en anglais il dit qu'en tant que
moine bouddhiste, il n'est pas habitué à ce genre de musique
mais que vu la joie qu'il peut lire dans les regards, il peut dire que
cela doit être un évènement important pour nous. Il
ajoute que les personnes devant lui seront les défenseurs des droits
de l'homme au XXIème siècle. Son discours portent ensuite
sur le respect et la compassion que l'on doit avoir envers son prochain.
Cinq minutes qui réchauffent le coeur du public. Il sort sous les
acclamations, se retourne et salue avec les mains jointes bien hautes au-dessus
du front. . *C'est Tracy Chapman à qui revient la difficile tâche
de prendre le relai, mais elle est accueillie chaleureusement par le public.
Elle ne vend pas beaucoup de disques en France et peut-être même
en Europe, mais c'est la defenseuse des droits de l'homme qui est saluée.
Elle commence son set de 6 titres en s'accompagant
durant la première chanson de l'instrument de musique aborigène.
Il y aura, entre autre Fatest Car, Hold You In My Arm. Elle présente
la dernière chanson, Revolution, avec quelques mots :"I wrote this
song when I was 16. I believed we can change the world. Now I am older.
And I still believe we can change the world." Ce qui est salué par
beaucoup d'applaudissement de la part du public. Revolution se terminera
en triomphe pour Tracy. . *De nouveau entre-acte pendant que les techniciens
changent le matériel sur scène. Kassav' reprend ensuite le
flambeau.
Leur zouk (musique des antilles françaises)
chanté en créole et en français, chaleureux et rythmé,
surprend un peu le plus public plus rock. Néanmoins, c'est une musique
de fête et le public réagis au quart de tour sous les sollicitations
du groupe. Quatre chansons et un meddley pendant lequel Orleando Paleo
les rejoint. Son extraordinaire solo de percussions époustouflera
le public qui saluera cette musique du soleil. Nouvelle pause. Il semble
maintenant qu'elles seront de plus en plus nombreuses et longues. . *Bruce
Springsteen arrive sur scène et introduit en français, en
s'aidant d'un bout de papier, Peter Gabriel. Celui-ci commence par Rain
Down. Puis il fait allusion à Pinochet, il est applaudi.
Youssou N'Dour arrive sur scène, et ils chantent
une nouvelle chanson. Ce court set de trois chansons se termine, toujours
avec Youssou, par un superbe In Your Eyes, qui s'étire et vous prend
aux tripes. Peter et Youssou dansent, traversent la scène en courant,
dialoguent en chantant dans un duo poignant. Le public est comblé.
A la fin de la chanson, en regardant les écrans, je cois voir que
Youssou pleure. Ils sortent de la scène en courant, mais le public
continue à applaudir et demande leur retour sur scène. Il
n'en sera rien et ce sera une nouvelle pause. Assez longue. .
* Shania Twain arrive. Elle chante son dernier hit,
puis une autre chanson. Musique FM américaine. Le public écoute
poliment. Elle s'en va rapidement. Nouvelle pause, ces arrêts cassent
le rythme et commencent à devenir ennuyeux. Enfin Alanis Morisette
arrive avec une chanson aux guitares saturées. Cinq chansons, elle
finira par Thank You. Peut-être est-ce parce que je n'accroche pas
à cette musique mais je trouve qu'il manque de l'émotion,
ou peu-être est-ce à cuase de la comparaison qui se fait après
le formidable passage de Gabriel et N'Dour. Puis les longues pauses et
Shania Twain ont refroidi l'atmosphère. Mais Morisette est une bonne
chanteuse et une bonne musicienne, et l'accueil du public est chaleureux,
surtout à la fin. Elle en est émue. .
* De nouveau une pause. Un violoncelle est installé
sur scène. Ce ne sera pas Radiohead qui va suivre. En effet, c'est
Jimmy Page et Robert Plant. Je n'aurai jamais cru qu'un jour je verrais
Led Zeppelin sur scène ! Enfin, la moitié mais la moitié
la plus importante. J'ai vu Kraftwerk sur scène, Page & Plant,
Radiohead. Je peux mourrir demain ! Demain seulement car il faut terminer
la soirée. Et quelle soirée : Le Dalaï Lama, Gabriel
et N'Dour, Page & plant et Radiohead ! Des personnes qui comptent,
de beaux souvenirs. Le 10 décembre 1998 restera une grande date.
Je n'oublie pas l'action en faveur des droits de l'homme, elle sera pour
demain. Mais revenons à Page & Plant. Ils arrivent tout de noir
vétus.
Dès les premiers accords, Jimmy page montre
à tous ceux qui sont passés sur scène comment on joue
de la guitare. Dès les premières notes, Robert Plant montre
comment on chante : puissance modulée et subtile (et non beuglement
comme c'est la mode américaine). Les premiers mouvements dans la
foule au pied de la scène commencent avec eux. Des titres superbes.
Le rock conserve quand on a la foi, et cela fait plaisir de les voir revenir
en forme. Le public réagit aux moindres sollicitations de Plant.
Au milieu de leur passage, Robert Plant fait les remerciements d'usage
mais surtout espère que les personnes haut placé se montreront
plus sensibles aux droits de l'homme. Puis ils enchainent sur Hangman.
Superbe. Authentique.
Du génie tout simplement. Ils terminent après
la cinquième chanson, disent merci et au revoir. Simplement. Pourtant
ce sont des légendes du rock. . *On annonce une pause de vingt minutes.
Le matériel de Radiohead est installé. Enfin ! Il est 23h30
quand la haute silhouette de Ed se laisse deviner dans la pénombre.
Ils entrent sur scène. Au volume des applaudissements, c'était
visiblement le groupe le plus attendu de la soirée. Ils commencent
par Lucky. Ed dans son eternel "combat trouser" avec un tee-shirt représentant
un casque des forces impériales de Star Wars. Il porte les cheveux
un peu plus longs que d'habitude. Thom est inchangé, portant une
chemisette, et toujours cette courte barbe. Jonny dans un superbe tee-shirt
rouge.
Colin tout de noir vêtu, ainsi que Phil. Ils
sont en forme. Comme d'habitude égaux à eux-mêmes,
excellents musiciens mais l'émotion est là. Ils se donnent
à fond. Avec eux aussi, authenticité et sincérité.
Pas de tricherie. Ils supportent sans problème de passer après
Page & Plant. Ces derniers représentent le passé et le
présent du rock. Radiohead est le présent et le future du
rock. Le meilleur groupe sur scène (et sur disque). .
*"[Radiohead took] me on board their beautiful ship,
show me the world as I'd love to see it. I'd tell all my friends but they
never believe, they'd think that I finally lost it completely...But I'd
be allright" Ca y est , je suis retombée dans le trou de l'espace-temps
qu'est un concert de Radiohead, emportée haut et pénétrée
par leur musique et leur énergie. Et je ne suis certainement pas
la seule, car Lucky a suffit pour que le public de Bercy soit conquis,
en délire, ravi. Et cela va continuer. Les premiers accords de Karma
Police font redoubler les applaudissements. Malgré la puissance
du son, le public arrive à chanter et reprend en un choeur vengeur
"this is what you get". Inutile de le redire, et je ne le répèterai
plus par la suite, les applaudissements sont très fournis. Sans
parti pris, vraiment en toute honnêteté, Radiohead est le
groupe le plus applaudi de la soirée, même si Gabriel et N'Dour
et Page & Plant ont aussi enthousiasmé le public. . *En attendant,
le bruit des applaudissements continu sur l'intro de la troisième
chanson : Exit Music (for a film), mais quand Thom chante seul accompagné
de sa guitare, l'émotion prend Bercy à la gorge. Un silence
se fait, 17000 personnes se taisent. C'est la première fois de la
soirée. L'étrange (et mauvaise) acoustique de la salle fait
résonner la voix de Thom comme un chant religieux dans une cathédrale.
De l'émotion pure. A la manière typique d'un concert de Radiohead,
après un moment plus "calme", ils enchainent avec Talk Show Host,
en passe de devenir un classique de la scène. Pas de ratés
cette fois, mais toujours ce formidable final avec Ed abusant de la pédale
wah-wah,
Jonny des claviers et ce formidable délire de notes de la part de
tous. Un autre classique suit : My Iron Lung. . *Quand je dis "classique",
je ne veux pas dire que les concerts de Radiohead sont devenus routiniers.
Ed fait toujours de grandes enjambés et des
bonds impressionnants, et sa sensibilité transparait dans les passages
les plus émouvants. Jonny est toujours aussi plié en deux
sur sa guitare pour mieux la torturer et en sortir ses sons uniques, il
fait de même avec tous les instruments qui passent à sa portée
sur scène; ou quand il n'a pas à jouer, il reste immobile
(à quoi pense-t-il? que regarde-t-il ?). Colin, calé dans
son coin de scène, s'éclate avec toujours autant de conviction,
particulièrement sur le "rain down" de Paranoid Android dont il
semble ne jamais vouloir se lasser. Phil maintient toujours la tête
baissée dans ses cymbales et la musique du groupe avec sa rythmique
sans faille. Et Thom ? Thom, sa voix sure et belle, chantant les yeux mi-clos,
véritable médium qui nous permet de communiquer avec leur
musique.
Toujours la même chose alors ? Non, car il
y a cette émotion, ce don de soi que le public reçoit et
ressent et qui est sans équivoque. Un concert de radiohead, c'est
ce que l'on doit appeler une expérience transcendentale ! . *Ensuite
Fake Plastic Tree. Thom avec sa guitare...Superbe ballade que le public
reprend en choeur. Puis comme sur The Bends, c'est Bones qui est enchaîné.
"Prozac pain killer" chante rageusement Thom. Il joue avec les premiers
rangs du public. On sent qu'il est en confiance. Les chansons s'enchainent
très vite. Les guitaristes récupèrent leurs guitares,
tout est réglé. Thom n'est pas très bavard. Il dit
simplement "bonjour", "merci", surtout "thank you" entre chaque chanson.
Il s'essayera à un "ça va?", ajoutant immédiatement
en anglais que c'était le seul français qu'il connaissait.
Avant Karma Police, il a quand même été plus long :
"We are a band called Radiohead and we are here for Amnesty International".
Etrange cette façon de rapeller qui ils sont, car ce n'est vraiment
pas la peine. Je pense que c'est simplement de la modestie (bien placé).
Tout comme hier, à la conférence de presse, Colin a rapelé
en répondant à une question : "mon frère et moi nous
somme dans un groupe appelé Radiohead" ! .
* Ed et Colin se sont rejoints au centre de la scène,
No Surprises commence. C'est visiblement un titre aprécié
du public. Certainement que cette chanson lui parle beaucoup. Thom annonce
Paranoid Android, nouveau délire d'applaudissements. Sous les lumière
stroboscopiques le public devant la scène est hypnotisé,
tous les regards tournés vers ce groupe fascinant. Quand Thom chante
"rain down", le public est envouté. "God loves his children. Yeah
!" Sur les premiers accords de la dernière partie, Ed fait un bond
impressionnant. A la fin de la chanson, le public est épuisé
et en délire. Avant de commencer la chanson suivante, Thom la dédit
au droit de l'homme, mais il parle vite, en anglais et sur les applaudissements
du public qui n'a pas fini de montrer son enthousiasme. Beaucoup de personnes
n'ont pas compris ce qu'il a dit et il n'y a pas beaucoup de réactions.
Alors Thom ajoute que nous en avons peut-être assez d'entendre ce
genre de discours. Une réaction tout à fait typique de Thom,
mais c'est pour cela que on l'aime.
De toute façon, les discours n'ont pas leur
place ce soir, les membres de Radiohead ont préféré
utiliser les interviews pour exprimer leur point de vue. Street Spirit
commence. "Immerse your soul in love". Ed est ému. Le public pris
aux tripes, la musique le pénètre. A la fin de la chanson,
Thom dit merci et au revoir. Ils saluent tous et quittent la scène
ainsi. Non ce n'est pas possible ! Le public applaudi mais surtout demande
leur retour sur scène. Longtemps. Plus longtemps que pour Gabriel
et N'Dour. Mais rien n'y fait. Ce n'est pas le style du concert de ce soir.
. *0h20 tout est terminé, il faut revenir sur terre. Une partie
du public épuisée, ayant eu ce pour quoi elle était
venue, s'en va. Pourtant Peter Gabriel et Youssou N'Dour reviendront pour
un toujours superbe Shaking The Trees. Puis, accompagnés de Tracy
Chapman et de la chanteuse de Kassav', ils terminerons avec 7 Seconds.
Enfin Asian Dub Foundation termineront la soirée.
Set list
Lucky,
Karma Police,
Exit Music (for a film),
Talk Show Host,
My Iron Lung,
Fake Plastic Tree,
Bones,
No Surprises,
Paranoid Android,
Street Spirit [fade out]
Radiohead,
" Le concert d'Amnesty International en faveur des
droits humains à Paris sera notre unique apparition devant le public
européen cette année. Nous espérons que ce sera un
moyen efficace de soutenir Amnesty International dans son travail concret
de promotion des droits humains inscrits dans la DUDH. Sans l'action d'organisations
comme Amnesty International, la déclaration ne serait que pure rhétorique".
THOM: 'OUR PROBLEMS ARE UTTERLY, UTTERLY IRRELEVANT'
Thom
Yorke has revealed that performing at the Amnesty International gig is
a way of "addressing my guilt, I guess".
In a recent interview, on UK's Channel Four news
he said: "Radiohead came out of the grunge culture of complaint. I think
we've grown up and it's dawned on us that our problems are utterly, utterly
irrelevant and it's offensive to have them rammed down your throat on MTV.
Thom Yorke, who has always maintained a resolutely
anti-rockstar attitude, also attacked the cliches of rock star celebrity:
"What I find really offensive is the way our culture - once anyone has
any degree of success - gets into the realms of Hello magazine 'Have a
look at our glamorous lifestyle that you should all be aspiring to - come
look the homes of the rich 'n' famous and look at them doing charlie in
the toilets. This is your future - this is success'."
He said he felt comfortable using his celebrity to
help the cause of Amnesty International: "I don't really use it for anything
else.".
LE PROGRAMME DU CONCERT
10 décembre 1998
Le Palais Omnisport
de Paris Bercy
Peter Gabriel
Bruce Springsteen
Tracy Chapman
Asian Dub Foundation
Axelle Red
Shania Twain
Kassav' et Orlando Poleo
Alanis Morissette
Jimmy Page et Robert Plant
Radiohead
Youssou N'Dour
Youssou N'Dour + Peter Gabriel
ED O`BRIEN & PHIL
SELWAY interview
 
Interview (4/12/98) sur OUI FM 102.3 (http://www.ouifm.fr/)
.
Ed
:"ce que
l'on fait est vraiment très peu de choses par rapport au travail
d'Amnesty International. Et si les fans de Radiohead ne connaissent pas
Amnesty International et la Déclaration Universelle des Droits de
l'Homme, et d'un seul coup ils sont enfin au courant. Et bien, c'est bien."
car je crois que c'est le message qu'ils ont voulu faire passer dans toutes
leurs interviews. Ou dans la pge de la conférence de presse : "Il
[Colin] indique que si ce concert amenaient certains fans de Radiohead
à s'interroger voir même à s'engager avec AI, comme
eux le font à Oxford, les membres de Radiohead en serait heureux.".
Quels sont les articles de la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme qui vous ont le plus marqué ?
Phil: "Article 26 : 1. Toute personne a droit à
l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins
en ce qui concerne l'enseignement élémentaire est obligatoire.
L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé
; l'accès aux études supérieures doit être ouvert
en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité
humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés
fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance
et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux
ou religieux, ainsi que le développement des activités des
Nations Unies pour le maintien de la paix. 3. Les parents ont, par priorité,
le droit de choisir le genre d'éducation à donner à
leurs enfants." Quand nous repensons à nos propres années
d'école, nous avons eu de la chance puisque nous avons eu une éducation
privilégiée. Mais même dans ce contexte, on a constaté
un véritable manque d'éducation au niveau de la Déclaration
des Droits de l'Homme. Je ne savais rien de cette Déclaration jusqu'à
ce que je devienne un membre d'Amnesty International, il y a sept ans.
Et je pense que l'éducation est vraiment au centre de la construction
d'une meilleure société.
Ed : C'est assez ironique de constater que lorsque
la Déclaration a été signée en 1948, un des
objectifs des états membres qui ont signé la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme était de promouvoir ce texte activement.
Il aurait du être dans toutes les écoles, dans tous les endroits
publiques. Ce texte est supposé être une charte de solidarité
et d'assistance pour le monde. Nous venons du Royaume-Uni qui est supposé
être une démocratie libérale, et nous n'étions
pas informés de ce texte jusqu'à ce que nous devenions membres
D'Amnesty International.
Phil : C'est exact.
Un autre exemple ?
Ed : L'article 23, par exemple. Je ne le connaissait
pas. "Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail,
à des conditions équitables et satisfaisantes de travail
et à la protection contre le chômage." Nous vivons à
une époque où le chomage et l'énorme nombre de chomeurs
vont de soit. Le gouvernement et les électeurs considèrent
que cela est normal. Et sans même parler des conditions de travail
dans plusieurs pays développés ou en voie de développement
qui sont absolument accablants. Les gens devraient avoir au moins conscience
de l'existence de cette Déclaration. Du moins en avoir facilement
accès. Savoir que quelque part des gens sont au courant parce que
la plupart du temps, ils ne sont pas au courant de l'existence de ce texte.
Il y existe une certaine hypocrisie de la part
des gouvernements. Qu'en pensez-vous ?
Ed : Je n'arrive pas à trouver un pays qui
n'est pas ignoré les droits de l'homme. Peut-être la Suède,
ils sont plutôt actifs. Ils ont toujours beaucoup travaillé
pour l'humanitaire. Ils ont été le premier gouvernement à
vraiment se mobiliser pour une aide d'urgence à l'Amérique
Centrale après l'ouragan Mitch. Tu parles de l'Angleterre, mais
quand on pense à l'héritage de l'empire en 1948 quand la
Déclaration a été signée, nous avions toujours
les vestiges de l'empire britanique. Nous sommes d'énormes hypocrites.
Les gens continuaient à être assassinés par des anglais
et ce dans leurs propres pays.
Le gouvernement Blair devait mener une politique
étrangère éthique, mais nous n'avons vraiment aucune
preuve de cela. Parce qu'une grand partie du problème, c'est que
aujourd'hui tout est basé sur le business. Par exemple en Birmanie,
il y aurait du avoir une cessation totale des échanges commerciaux.
C'est ce que avait annoncé le gouvernement. Il n'en a rien été.
En fait il y eu des négociations relatives à l'exploitations
des minéraux et du gaz. Nous sommes aussi coupables que la France,
et parfois même nous sommes encore plus hypocrites. La Grande-Bretagne
participe a beaucoup d'événements caritatifs. Ils disent
soutenir de grandes causes humanitaires mais en fait ils ne font rien pour
les soutenir concrètement.
Phil : Il y a aussi un gros problème au niveau
de l'immigration. Les chances aujourd'hui pour quelqu'un d'obtenir l'asile
sont assez minces. Et si ils obtiennent cet asile, il existe des mesures
aujourd'hui pour qu'on puisse les jeter à la rue sans aucunes aides
financières. Et ça ce n'est surement pas un bon signe pour
une société soi-disant civilisée.
L'Angleterre a eu dernièrement une volonté
d'action avec l'affaire Augusto Pinochet.
Phil : Oui... Oui, c'est bien. Heureusement, c'est
une juste une position qu'à pris la Grande-Bretagne. Cela ne va
pas forcément influencer d'autres pays. Et en tout cas il n'y a
pas de quoi pavoiser, il y a encore beaucoup d'autres vices de fabrique,
si je puis dire, au Royaume-Uni.
Certains pourraient penser que cette implication
pourrait avoir d'autres objectifs que l'humanitaire. C'est facile d'utiliser
les médias quand on est un group connu, non ?
Ed : Totalement, je pense que c'est vrai. En fait
en tant que groupe nous sommes pas vraiment connu. Il y a dix ans nous
étions très cyniques à ce propos. Et quoi qu'on fasse
toute façon il y aura toujours des cyniques. Mais tant que tu le
ressens, que tu le fais pour de bonnes raisons, que tu es vraiment convaincu
alors peu importe ce que les gens peuvent dire. Parce que au fond tu dois
vivre avec les décisions que tu prends. Et je pense aussi que le
cynisme viens beaucoup des années 80. A l'époque il y avaient
beaucoup de groupes qui s'impliquaient dans toutes sortes de causes. Beaucoup
d'entre eux le faisait pour de bonnes raisons, mais de temps à autre
on découvrait que tout cela était par pure publicité.
En fait, ils faisaient leur promotion pour vendre plus de disques. C'est
vrai un groupe pouvait jouer pour une bonne cause un jour puis après
aller jouer à Sun City en Afrique du Sud pour des millions de livres.
Il y avait une sorte d'hypocrisie. Aujourd'hui nous
allons vers un autre extrème, les groupes en Angleterre sont très
cyniques à l'idée de s'engager dans quoique ce soit. Pour
nous, c'est plutôt "fuck it" : si tu crois vraiment aux choses que
tu défends, tu te demandes comment, pourquoi être actifs,
où peut-on aider vraiment Amnesty International. Nous voudrions
vraiment nous engager. C'est Amnesty International, une organisation réellement
active. Et on trouve que cela a vraiment un sens. Bien sur, les gens vont
jaser : Radiohead pour qui ils se prennent maintenant qu'ils sont un groupe
connu. On s'en fout, ce que l'on fait est vraiment très peu de choses
par rapport au travail d'Amnesty International.
Et si les fans de Radiohead ne connaissent pas Amnesty
International et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme,
et d'un seul coup ils sont enfin au courant. Et bien, c'est bien. Personnellement
j'ai connu Amnesty International grâce au "Bal Secret des Polices"
avec John Cleese, un des acteurs des Monthy Pyton, en 1980. C'étaient
des comédiens, on s'est demandé pourquoi ils le faisaient
et c'était simplement pour Amnesty International. Et que l'on aime
cela ou non, ce qui se passe aujourd'hui et bien on a le droit d'en faire
partie. ----------------------------------------------------------------------------
Thom Yorke Channel 4 UK
"I can't really remember how I got involved,
I mean, it's, erm, by default really. You couldn't really help it if you're
on a plane all the time and you're going to these places and you're staying
in posh hotels and you're not really seeing anything. After a while, you
kind of think, well, there must be, er, there must be something going on,
this is wrong. People have decided that they haven't got any power and
that's the end of it
"The strength of what Amnesty does and the strength
of the Declaration of Human Rights is it actually empowers people to know
what their rights are. Has it worked? No, obviously it's not worked yet.
It's something to aspire to.
"Ngawang Sangdrol is a Buddhist nun who believes
that Tibet should be independant from China. She's been sentenced to 18
years imprisonment by the Chinese authorities for shouting slogans such
as "Free Tibet", singing pro-independance songs and participating in peaceful
demonstrations. There is now serious concern for her health.'
"Should I use celebrity to highlight issues such
as, er, human rights? Um,I don't really use it for anything else cos..er,
I...don't. I'm not very comfortable with it [he gives a slight semi-laugh
here]. Um, what I find, um, really offensive is the way that, um, our culture
sort of, um, er, wants anyone who's got any degree of success...um, you
know, you get into the realms of HELLO magazine. It's like, come and look
at our glorious lifestyle [here he sorta gestures with his arms in a sort
of beckoning way] that you should all be aspiring to, you know, come and
look round the houses of the rich and famous, you know, um, come and watch
us, er, doing Charlie in the toilets. This is, this is your future. This
is what you should be looking for, you know. This is success, this is what
we're all aiming at. And..and it's fucking [obviously, I lip-read that
part] obscene, frankly.
"Radiohead very much came out of the culture of complaint,
you know. Um, er, the X-Generation as they liked to call it for a while.
Um, but I think that all them people have, have...they've grown up, you
know. We've all grown up. And it's slowly dawned on us that our problems
are utterly and utterly, utterly irrelevant, and it's utterly offensive
to have them hammered down your throat on MTV. I totally, I totally feel
responsible for that.
"The Amnesty gig is a way of, in a very small way,
[semi-laughing again] trying to redress my guilt, I guess.
"Yeah, I feel lucky that I'm allowed to speak my
mind and write what I like, um, absolutely what I like, um, because I'm
conscious of the fact that 99%..of people are not able to do that and an
awful lot of people will get shot or tortured simply by doing just that
in a lot of other countries around the world
Secrétariat
général d'Amnesty International
By
Laurence Boisnard. PARIS. Conference de Presse
Especial IndyRock-Radiohead

Alanis Morissette, Anita Roddick (présidente
de Body Shop), Pierre Sané (président d'Amnesty International),
Jonny, Colin et Tracy Chapman.
Fotos: Laurence Boisnard - IndyRock
.
*La conférence de presse des artistes participant
au concert d'Amnesty International se tenait au Hard Rock café à
17 heures. Mauvais choix pour l'horaire car à cette heure-ci les
embouteillages du soir commencent à Paris. Néanmoins j'avais
réussi à arriver assez tôt pout pouvoir choisir une
place sur l'estrade du bar qui faisait face à l'estrade où
se trouvait la table des invités. Je me calais bien en face de l'étiquette
marquée Radiohead. De gauche à droite ces étiquettes
indiquent : Axelle Red , Kassav', Shania Twain, Alanis Morissette, Peter
Gabriel, Anita Roddick, Pierre Sané, Radiohead, Tracy Chapman, Youssou
N'Dour, Orlando Paleo. Les professionnels arrivent : photographes, caméramen,
presse écrite.... Le temps passe et on sent bien que la conférence
ne vas pas commencer à l'heure. Quelqu'un vient réarranger
les étiquettes : Orlando Paleo va à côté de
Kassav' et Axelle Red change de place pour se retrouver avec Shania Twain.
Youssou N'Dour et Peter Gabriel disparaissent. Il n'y a pas Bruce Springsteen,
il passe sur une télévision française à la
même heure pour promouvoir son dernier CD. Une rumeur circule : le
ministre de l'intérieur britannique vient d'autoriser l'extradion
de Augusto Pinochet. De bonnes nouvelles. Enfin quelqu'un vient annoncer
que la conférence allait commencer vers 17h20, mais finir quand
même à 18 heures car les artistes devaient repartir pour les
répétitions. Le déroulement de la conférence
est aussi annoncé : deux (2 !) minutes pour prendre des photos au
début puis intervention de Pierre Sané pour Amnesty International,
de Anita Roddick pour Body Shop, et enfin questions, mais courtes. Un petit
silence de soulagement parmi les journalistes, les invités arrivent
enfin. Un peu dans le désordre, ils s'assoient derrière leurs
étiquettes respectives et le crépitement des flashs commence.
. *Pour Radiohead, c'est en fait Colin et Jonny qui sont venus. Ils parlent
tous les deux français, cela a peut-être été
la raison de ce choix. Jonny est assis à la gauche de Pierre Sané,
puis il y a Colin, qui discute aimablement avec Tracy Chapman à
sa gauche en attendant que la conférence commence vraiment. Pendant
toute la conférence, un peu serré, Jonny se tiendra légèrement
en retrait, bien droit sur sa chaise et les mains sur les genoux comme
un écolier sage. Il regardera plutôt la table mais observera
de temps en temps la salle.
.

.
Colin sera plus agité, buvant beaucoup d'eau,
et se passant la main sur le visage comme quelqu'un de fatigué,
ce qu'il a l'air effectivement d'être. Les deux minutes sont passées,
les photographes partent du devant de l'estrade, et la conférence
commence vraiment. Pierre Sané, pour Amnesty International, prend
la parole en français. Il commence par souligné l'importance
de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Il indique
que le cinquantenaire était vu comme une commémoration en
l'honneur de tous ceux qui sont morts ou ont lutté pour les droits
de l'homme, mais que ce sera quand même une célébration
avec cette dernière information concernant le cas Pinochet.
Il remercie Body Shop qui montre que l'on peut être
une entreprise rentable et en expansion et respecter les droits de l'homme.
Enfin il remercie les artistes. Anita Roddick prend la parole en anglais
pour Body Shop. Elle indique combien les droits de l'homme sont importants
pour son entreprise. Elle remercie les artistes, en soulignant que l'industrie
musicale est celle qui est toujours présente pour soutenir les droits
de l'homme. Enfin les questions commencent. La première est pour
Pierre Sané et concerne Pinochet. Il y aura ainsi plusieurs questions
sur ce sujet auquel il répondra longuement.
Voyez les communiqués de presse d'Amnesty
International pour connaitre la position de cette organisation. Après
la télévision canadienne est la plus rapide et la première
question est pour Alanis Morisette. Elle répond qu'elle se sent
humble et honorée. Surement de la sincérité mais pas
baucoup de conviction dans sa réponse. Tout comme dans celle de
Shania Twain un peu après : elle se sent elle flattée et
honorée. Tracy Chapman répondra a une question générale
sur Pinochet. Plus de conviction ici et elle a été dans les
premières à soutenir AI. Une question polie sera poser au
deux représentants de Kassav' qui ont failli être oubliés.
La chanteuse soulignera que 1998 est aussi l'année du 150ème
anniversaire de l'abolition de l'esclavage en France. L'intervention d'Axelle
Red sera émouvante.
Elle tenait vraiment à participer à
ce concert par conviction, elle est ambassadrice de l'UNESCO, mais étant
enceinte de sept mois, son médecin lui a indiqué le matin
même qu'elle ne pouvait pas faire de scène. Elle ne sera donc
pas demain à Bercy. .
 
*Et Colin et Jonny ? Ils sont intervenus, trois fois
en tout. Mais on sentait qu'ils auraient été plus souvent
sollicité si la conférence avait été moins
courte. Tous les deux avaient préparé leurs textes, et ils
les ont plus ou moins récités, répondant parfois en
partie à côté des questions. Mais c'était pour
exprimer clairement la position de Radiohead. La première intervention
est de Colin après une question générale de journalistes
chiliens sur le cas Pinochet. Colin répondra entièrement
en français ! Au point que des journalistes anglais demanderont
à ce qu'il répète ce qu'il a dit en anglais, ce qu'il
ne fera pas vraiment. Après une rapide phrase sur Pinochet, Colin
enchainera sur l'importance du travail d'AI. Et que l'homme ne doit pas
être considéré seulement en terme de paye, mais dans
tous ses droits.
Colin parlait en français sous le regard "effaré"
de Jonny qui le regardait fixement. Soit il trouvait que son frère
disait des bétîses, soit plus problablement il essayait de
comprendre et s'inquiétait du fait de devoir lui aussi répondre
entièrement en français. Cela fait plusieurs interviews que
j'entends de Colin et je trouve que son français est de plus en
plus fluide. La seconde intervention sera de Jonny suite à une question
d'une journaliste anglaise sur le fait que ce concert est le seul en Europe
cette année. La dernière intervention est de Colin. Il commence
en français puis termine en anglais, il est vraiment trop fatigué.
Il souligne l'importance de l'engagement individuel dans des causes comme
celles soutenues par Amnesty International. Il indique que si ce concert
amenait certains fans de Radiohead à s'interroger, voir même
à s'engager avec AI, comme eux le font à Oxford, les membres
de Radiohead en serait heureux. .
*18 heures précises, quelqu'un fait un signe,
la conférence s'arrête. les invités se regroupent au
centre de la table pour une dernière photo tous ensembles.
Colin et Jonny sortent rapidement et s'engouffrent
dans un taxi. A demain donc pour le concert...
|
|
|