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San Francisco; Calgary / By Laurence Boisnard
San Francisco :
Meeting In The Aisle / Airbag / Talk Show Host / Planet Telex / Karma Police / Exit Music (For A Film) / Just / Banana Co. / Lucky / Paranoid Android / The Bends / [Nice Dreams]/
The Trickster / Climbing Up The Walls / No Surprises / Fake Plastic trees / Bones / My Iron Lung / 1er rappel "untitled song" / Let Down /  Street Spirit / 2éme rappel Lurgee
Calgary :
Meeting In The Aisle / Airbag / Karma Police / The Bends / Exit Music (For A Film) /
Climbing Up The Walls / Just / No Surprises /Street Spirit / My Iron Lung / Planet Telex /
Bullet proof...I Wish I Was / Lurgee / The Trickster / Fake Plastic Trees / Talk Show Host  / Bones / Paranoid Android / Rappel Polyethylene (part2) / [Nice Dreams] /
Banana Co. /  Lucky.
Thom est entré sur scène comme un taureau dans l'arène mais c'est lui qui va nous planter des banderilles de bonheur dans nos cerveaux engourdis. 
C'est amusant ce qui se passe entre Thom et Talk Show Host. 
A San Francisco, ils ont joué cette chanson en deuxième après Airbag et Thom a "simplement" raté la première phrase. A Calgary, il s'est trompé lors du final instrumental. Tout le groupe a recommencé, Thom regardant Phil. 
Quand ils ont quitté la scène, avant le rappel, en entrant dans les coulisses 
Thom et Phil se sont tapés dans la dos et ont discuté, je pense qu'ils reparlaient de
"l'incident". C'était très sympathique surtout qu'ils ont montré qu'ils ont   vraiment beaucoup de plaisir  à jouer ensemble.
LUCKY
foto Q magazine (Calgary)
Le hasard n'y avait rien fait, peut être un peu de chance, mais je me trouvais à San Francisco le jeudi 2 avril 1998. Radiohead jouait ce soir au Bill Graham Civic Auditorium, une salle de plus de 5000 places. Bill Graham pour le manager de groupes rock des années 60 et Civic car cette salle dont l'austère façade ressemble à celle d'une gare se situe près de l'Hôtel de Ville et autres bâtiments très officiels. "Radiohead with Spiritualized - April 2 8 pm doors 6:30 pm" annonçait l'enseigne sur le bâtiment. Ne connaissant pas les coutumes locales des aficionados de rock, j'étais là-bas vers 2:30. Alors que je contournais le bâtiment qui occupe un block pour rejoindre la file d'attente naissante, je croisais Colin qui ayant quitté le bus du groupe rejoignait en toute hâte l'intérieur de la salle par une porte latérale. Surprise par cette apparition furtive, je n'ai eu le temps que d'esquisser un sourire et penser au fond de moi que la soirée s'annonçait mémorable. A peine installée qu'une personne me pose la question rituelle : "Est-ce bien là que commence la file d'attente ?" C'est ainsi que je faisais la connaissance de Pam, Kim et Robert, charmantes personnes de Sacramento, avec qui j'allais partager les joies de cette soirée.
Le lent compte à rebours commence . Les minutes s'égrènent et l'excitation monte. 5:30, je quitte mes nouveaux amis pour rejoindre la file où je récupérerai mon billet acheté par téléphone depuis la France (les merveilles des moyens de communications actuels !). 6:30, une organisation américaine parfaite fait que les portes s'ouvrent à l'heure et sans trop de bousculade. Je retrouve mes amis devant les portes intérieures, nous sommes assez bien placés pour espérer être devant la scène. 7:00, on nous laisse enfin entrer dans la salle elle-même et nous courrons tous vers la scène. Nous réussissons pas trop mal. Quasiment au centre un peu à gauche du micro de Thom, Robert au premier rang, moi au deuxième, Pam et Kim un peu derrière. Pam décidera plus tard d'aller s'asseoir et Kim parviendra à nous rejoindre.
. Fotos Irma Romero
8:00, Spiritualized entrent en scène. Faire la première partie est toujours une tache ingrate mais ce l'est encore plus quand il s'agit de celle de Radiohead, car les fans attendent avec impatience un moment de grande intensité qui ne pourra pas être égalé. Je ne sais plus si il y a eu un " bonjour " et " au revoir " ou " merci ", mais ils enchaînent 7 ou 8 titres sans un mot. Si certains critiques en mal d'inspiration accusent Radiohead de rock progressif , ils feraient d'ailleurs mieux d'assister vraiment à un concert et pas seulement depuis le bar; comment qualifier la musique de Spiritualized ? "Ladies and gentleman we are floating in space" ! Pour l'instant, c'est Spiritualized qui flotte dans le jeu de lumières de Radiohead. Ils jouent pour eux. Deux guitares, basse, claviers, batterie, un saxophone (pour une chanson une flûte traversière, comme au bon vieux temps) et un violon pour une chanson. Ils jouent bien et leur musique à l'avantage de garder le public calme sans qu'il soit indifférent.
Une bonne demi-heure et les lumières se rallument. Les roadies déménagent le matériel de Spiritualized et règlent les instruments de Radiohead très rapidement en professionnels rodés qu'ils sont. Un murmure traverse le public, Michael Stipe est repéré dans la salle. 9 heures un peu passées et cette journée va enfin prendre tout son sens.
Sur "Meeting in the aisle", Colin entre le premier sur scène souriant et saluant le public. Ils commencent avec "Airbag". Thom est entré sur scène comme un taureau dans l'arène mais c'est lui qui va nous planter des banderilles de bonheur dans nos cerveaux engourdis. Trop de précipitations ou un peu de nervosité, Thom manque l'intro de la deuxième chanson, "Talk show host". Un petit tour pour aller boire une gorgée d'eau pendant que les autres l'attendent et tout repart sans incident. Sauf plus tard pendant "The trickster", jouée après un "long" discours de Thom comme quoi certaines personnes pouvaient maintenant aller au bar ou aux toilettes, et pendant laquelle il casse une corde de sa guitare, se blessant légèrement au pouce. Surtout il en cafouille la fin de la chanson, ce qui fait rire Ed. Thom était d'humeur joueuse ce soir là. Parfois il s'approchait du bord de la scène ou regardait fixement quelqu'un, attendant ou épiant les réactions. Comme s'il cherchait à sonder ou comprendre quels étaient les liens qui unissaient le public et eux sur scène. Ou, comme sur Just, il s'amusait à frapper des mains à contretemps du public provoquant une certaine confusion.
Le groupe était très souriant pour les rappels, mais sinon ils étaient concentrés. C'est une habitude de Radiohead, d'être ainsi très concentrés, s'écoutant, se regardant, les uns les autres pour jouer la meilleur musique. Ils ne regardent pas souvent le public même quand la sécurité hisse les fans hors de la pression de la foule. Vers le milieu du concert le centre du public devant la scène était devenu une véritable autoroute pour fans se faisant évacués. L'affiche "Radiohead kindly requests no crowd surfing or moshing Thank you" était présente sur les portes de la salle et sur le devant de la scène. En plus de quelques "défaillances", il y a du avoir du crowd-surfing, mais c'est difficile de savoir ce qui se passe derrière et surtout pas intéressant. Le rythme des évacuation se calmant pour reprendre sur des chansons comme Paranoid Android. Je m'étais jurée de résister mais j'ai du être moi aussi hisser loin de ma place sur Street Spirit à cause, non pas d'un tennis-elbow, mais d'un "concert-elbow" qui survient quand vous êtes serré, ne pouvez pas bouger et que le coude de votre voisin est planté dans votre bras depuis plus d'une heure, causant une certaine peine, à la fin intolérable.
Ces débordements de passions étaient du à un public conquis d'avance. Le Civic Auditorium était comble. La foule de San Francisco réagissait plus bruyamment et avec moins d'applaudissement par rapport à l'Europe. Alors qu'à Paris, dés la première phrase de Airbag le public chantait, ici il "a fallu attendre" Paranoid Android et surtout Karma Police (le titre qui passe à la radio actuellement). Mais les réactions américaines sont encore les plus vives sur les chansons de The Bends. De Pablo Honey, seul Lurgee sera joué. Pourtant le gars au premier rang devant moi réclame Creep alors que Thom s'approchait du micro pour commencer Fake Plastic Trees. Thom l'entend et réponds par une moue significative. Creep ne sera pas joué ce soir et il ne veut pas en entendre parler. Il n'y aura pas de Creep mais Radiohead nous offre une nouvelle chanson présentée comme n'ayant pas encore de titre, jouée lors de leur retour pour le premier rappel. Thom aux claviers, un tempo lent... Avec Meeting In The Aisle, How I Made My Millions, serait-ce une nouvelle tendance ?
Voilà les quelques souvenirs que je suis capables de mettre en forme. N'est-ce pas trop avoir l'air blasé que de dire : exceptionnel, comme d'habitude ? Interprétation : à vous couper le souffle; son : impeccable; lumières : grandioses. Ce sont des musiciens qui savent jouer, ensemble, de leurs instruments, restituant ce qui semble être la même chose que sur les disques. En professionnels prenant au sérieux ce qu'ils sont et respectant le public, ils ont soin d'avoir un son techniquement parfait, un jeu de lumières simple et pourtant si efficace créant parfaitement les atmosphères nécessaires pour les chansons. Mais l'élément primordiale est l'extraordinaire énergie. Pas le volume du son mais une extraordinaire humanité qui passe de la scène au public. Comme un don de soi. Ou d'une partie de soi, et même si ce n'était qu'une partie. Ed dans une interview souhaitait qu'ils ne deviennent pas de simples juke-box . Ce n'est pas le cas. Ce ne sont pas des machines. Ils ne changent pas seulement les chansons ou leur ordre pour s'accorder avec ce qui plaît dans le pays visité. Mais à cause de ce don de soi, chaque Paranoid Android ou No Surprises est différent. Vécu par Thom quand il chante, par le groupe quand il joue, différemment devant un public différent réagissant différemment.
Mais combien de temps pourront-ils nous donner autant ? Y-a-t'il en eux une source inépuisable constamment renouvelée ? Ou bien y-a-t'il une limite ? Sur Bones, Thom est toujours aussi déchaîné, jetant son pied de micro à travers la scène comme il le fait souvent. Ce soir là, j'ai cru un instant que le micro allait lui aussi partir dans la foule, Robert ayant devant moi le même léger recul de surprise. Et pourtant, il n'y a aucun soupçon de simulation dans le regard de Thom. Il y a toujours la même rage non feinte provoquée émanant de quelques souvenirs ou sentiments enfouis en lui. Radiohead ne cherchent pas comme des acteurs à faire comme si. L'émotion jaillit sur scène comme un geyser mué non pas par la mécanique des fluides mais par quelque mécanique alchimique dont Radiohead a trouvé la pierre philosophale de nos passions.
~ ° ~
Si je puis me permettre je recommande de voir les concerts de Radiohead par paire. Le premier juste devant la scène et le suivant assis, mais bien placé. Le premier pour être près d'eux, voir leurs réactions sur leurs visages, être au milieu de la foule unis dans l'enthousiasme (l'extase ?) des premiers rangs. Le second pour profiter pleinement de la musique, des lumières, de la scène dans son ensemble. Avec le premier, il reste toujours l'impression de ne pas avoir tout vu du concert tant vous êtes parfois occupé à maintenir votre position face à votre bout de scène ou à essayer de reprendre votre souffle. Avec le second, il y a toujours des moments où vous avez envie de rejoindre ceux qui sont devant la scène et d'exprimer avec plus d'abandon votre enthousiasme. 
De nouveau aucun hasard, Radiohead joue à Calgary le 8 avril 1998, et je me trouve dans cette ville ce jour là. Le contraste est saisissant entre le Max Bell Centre et le Civic Auditorium de San Francisco. Le bâtiment en lui-même, le Centre est une salle de sport à l'architecture anonyme comme il en existe des milliers et n'a rien à voir avec l'imposant bâtiment de l'Auditorium. Ensuite la situation, hors du centre de la ville dans une sorte de "no man's land" coincé entre plusieurs autoroutes. Les avantages étant qu'il n'y a aucun voisins à déranger et que situé sur une petite colline, il y a une jolie vue sur le centre-ville de Calgary avec les Rocheuses en arrière-plan. Il y a aussi une différence dans la capacité des salles : 6000 ou plus à San Francisco, environ 4000 à Calgary. Hasard de l'organisation de ce tour circonvolutionant quasiment parfaitement l'Amérique du Nord, ou choix délibéré d'alterner des grandes salles dans des grandes villes avec des salles plus petites dans des villes à priori moins importantes ? Pour cette tournée, Radiohead ne pouvait se permettre de jouer dans la salle plus modeste de Warfield comme ils l'ont fait la dernière fois à San Francisco, s'eut été l'émeute lors de la vente des billets, mais ils peuvent se permettent de jouer au Max Bell Centre à Calgary.
Pas d'enseigne lumineuse, ni même d'affiche, sur la façade de la salle mais le billet indique "doors open at 6:00 pm". Arrivée vers trois heures, j'attends patiemment dans la voiture en écoutant la radio locale qui donnera une courte interview de Colin. A quatre heures, je peux quitter l'abri de la voiture pour rejoindre la file d'attente qui se forme. Deux heures à attendre dans le vent glacial de Calgary mais à discuter avec un Québécois heureux de parler sa langue. Six heures, les portes s'ouvrent et nous entrons sans bousculade après une fouille minutieuse. Le Max Bell Centre, "Home of the Calgary Canuck", est une patinoire pour hockey reconvertie pour un soir en salle de concert, comme le KB Hallen à Copenhague. De ce fait les premiers sièges de face se trouvent situés au fond de la salle loin de la scène. Je choisi une place assise sur le coté, celui de Ed, mais bien placée près de la scène. La salle se remplit petit à petit. Le public est moins divers, plus jeune et étudiant, qu'à San Francisco. Autres différences, il est permis de fumer et la bière est abondamment en vente à l'intérieur de la salle. Différence de mentalités entre les USA et le Canada, même si les villes, les interminables routes rectilignes, les gratte-ciel sont semblables. Et au Canada, le français apparaît, ce qui est appréciable pour des francophones même si de ce fait le Canada est le seul pays où le "tomato ketchup" s'appelle "ketchup aux tomates".
A dix-neuf heures précises, la partie du public assise devant la scène se lève d'un seul bloc. Quelques minutes après Spiritualized arrivent sur scène sans un mot. Ils enchaînent sept ou huit morceaux, ne laissant pas au public le loisir de montrer son approbation ce qu'il souhaitait pourtant. Ladies and gentlemen, Spiritualized flotte toujours autant dans le jeu de lumière de Radiohead. Pas de violon cette fois mais sinon les mêmes titres qu'à San Francisco. Après quarante minutes, ils quittent la scène avec un simple "merci" mais sous les applaudissements. Les lumières se rallument. La salle est comble. Les roadies se hâtent d'installer le matériel. L'un d'eux demande à la foule debout de faire un pas en arrière afin que les premiers rangs puissent se sentir un peu mieux. De nouveau l'instant qui va donner tout son sens à cette journée est sur le point d'arriver.
Radiohead arrive sur scène sur Meeting In The Aisle, Ed en premier. Il arborera pendant tout le concert une paire de lunette de vue aux épaisses montures noires. Thom, comme à San Francisco et sur les photos récentes, porte une courte barbe. Ils commencent par Airbag, puis Karma Police. Le public est déjà conquis, profitant de la moindre pause au sein même des chansons pour exprimer son approbation, non pas par des applaudissements, comme cela ce fait plus généralement en Europe, mais plutôt par des cris et des sifflets. La tendance du concert sera vers The Bends, choix approuvé avec enthousiasme par le public. Mais les chansons de OK Computer sont aussi appréciées, surtout No Surprises, reprise en choeur par la salle. Et Paranoid Android qui clôturera la partie principale du concert. Hé ! Radiohead sont des vieux routiers expérimentés de la scène. Comment peut-on vouloir qu'un concert se termine après Paranoid Android, ou après My Iron Lung comme à San Francisco ? Il y aura évidemment un rappel.
Mais pour l'instant Thom a un peu de mal à mater ceux qui désobéissent à leur souhait, l'affiche "Radiohead requests no moshing no surfing" était de rigueur. Le crowd surfing a commencé avec Just joué tôt dans le concert. Thom s'est arrêté de jouer mais pas de chanter et a pointé quelqu'un du doigt. Cela a tourné au jeu avec une petite partie du public devant la scène. Mais Thom n'était pas content. Avant de commencer la chanson suivante, "No Surprises", il l'a dédié au "male pack" qui visiblement ne se comportait pas poliment. Quelques récalcitrants (imbéciles ?) persistaient néanmoins malgré les interventions de Thom approuvées par le public. Le point culminant et final aura été Planet Telex. Un crowd-surfeur sera happé par un agent de la sécurité et expulsé sans ménagement non seulement hors du devant de la scène mais aussi certainement hors de la salle malgré ses protestations. Sur la même chanson, Thom ira lui-même donner un coup avec sa guitare sur un deuxième crowd-surfeur qui venait d'être évacué devant de la scène. Cette dernière mise au point étant effectuée le problème des mauvaises conduites était réglé, la totalité du public pouvait profiter du concert. A partir de ce moment là, j'ai aussi l'impression que le groupe, et principalement Thom, s'est décontracté et ils ont été plus sereins pour donner le meilleur d'eux mêmes. 
Un moment intense aura été Talk Show Hosts, joué aux trois quarts du concert. Ed à la guitare, Jonny aux claviers, Thom s'était tourné vers la section rythmique, Phil et Colin. Apparemment Thom s'est arrêté trop tôt, laissant flotter dans l'air quelques dernières notes joué par Jonny penché sur ses claviers. Ce ratage a fait sourire Thom qui a porté sa main à la bouche comme un enfant surpris en train de faire une bêtise mais pour laquelle il sait pertinemment qu'il sera pardonné. Après quelques mots échangés avec Colin et Jonny, ils recommencèrent la fin de Talk Show Host, cette fois dans un ensemble parfais, s'écoutant et se regardant les uns les autres. Ce qui était merveilleux dans ce moment, c'est l'extraordinaire joie qu'ils ont montré à jouer ce morceau qu'ils interprètent très souvent (en quatre concerts, je l'ai entendu quatre fois). Les fans de Radiohead peuvent se réassurer, si il en était besoin, tant qu'ils auront autant de plaisir à jouer ensemble, la promesse de nouveau titres qui nous combleront n'est pas près de disparaître. Après cette chanson, Thom était complètement libéré et le concert est allé crescendo (Bon, comme d'habitude mais quand même). A la fin avant de quitter définitivement la scène, Thom a une dernière fois remercié le public et a ajouter que c'était l'un de leur meilleur concert de cette tournée. 
Thom, Thom,... Ils sont cinq sur scène mais il est vrai que Thom hypnotise tout le monde. Que l'on soit au pied de la scène où le champ de vision est réduit à sa présence car toutes les têtes sont tournées vers lui, empêchant de voir une autre partie de la scène. Ou que l'on soit un peu plus loin, le regard retourne invariablement vers lui comme un papillon de nuit vers la lumière. Mais Ed, Phil, Colin et Jonny, moins charismatiques, brillent au travers de leurs instruments. Phil est par définition coincé derrière sa batterie, tête baissée derrière les cymbales. Colin est toujours de garde près de lui, s'éclatant de plus en plus au fur et à mesure que le concert avance, mais toujours dans son périmètre. Ed remporte chaque soir la médaille du nombre de kilomètres parcourus sur scène qu'il traverse de ses grandes enjambées. A moins qu'il ne reste immobile, le regard qui semble absent mais toujours à l'écoute des autres. Jonny adopte un mouvement plus vertical quand il se plie en deux sur sa guitare, les claviers ou le xylophone. A moins qu'il reste debout immobile quand il n'a pas à jouer. Sa frange cachant ses yeux, on ne saura jamais ce qu'il regarde. Radiohead sur scène est un groupe de cinq individus complémentaires et unis mais Thom en reste la porte magique qui nous permet de pénétrer dans leur univers.
~°~ Message personnel : Pam, Kim, Robert, no one would ever knows about the vegetables in that clear San Francisco night.
~°~ Post-scriptum
Lucky One (San Francisco) : Par deux fois, avant et après le concert, Phil eu la mauvaise (bonne ?) idée de se rendre dans le bus du groupe, se retrouvant par deux fois piégé par une douzaine de fans. Il signa avec bonne grâce des autographes. Après le concert, alors que je lui tendais l'envers du livret de OK Computer, il eu la gentillesse de me reconnaître et il signa de nouveau non sans avoir vérifier qu'il l'avait déjà fait sur l'endroit. Un peu plus tard alors que nous étions encore à traîner autour de l'Auditorium pour nous remettre de nos émotions, Jonny sortit. Personne n'avait encore oser parler qu'il nous salua d'un "Good evening ladies and gentleman". Pressé de signer des autographes, il eu cette adorable réponse : "I am a little bit drunk but I can try", puis il s 'exécuta gentiment et nous le laissames s'éclipser sans l'importuner d'avantage. 
Lucky Two (Calgary) : Alors que j'attendais, bien au chaud dans la voiture, l'interview de Colin annoncée sur la radio locale, un van arriva avec justement Colin assis à coté du conducteur. Surprise par cette chance, je sors de la voiture et contourne le Centre. Ed, Thom et Jonny sont déjà descendus et se dirigent vers une entrée du bâtiment. Puis c'est le tour de Phil. J'avais préparé plein de belles paroles pour ce genre d'occasion mais tout ce que m'entends dire c'est de demander un autographe et je lui tends la pochette du single Lucky. Il l'a signe et ne me reconnaît heureusement pas. Colin sort en dernier du van. Je demande un autographe et lui tends Lucky. Avant de signer, il regarde longuement la pochette, recto et verso. Apparemment, c'est la première fois qu'il la voit. Il signe enfin. 
Lucky The End : Lucky est la dernière chanson interprétée par Radiohead sur scène à Calgary. La dernière chanson du Against Demon tour pour moi

 

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